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Quelqu'un quelque part
La terre se meurt dans le grand vide de l'espace
Depuis deux mois de notre planète, tu passes et je ne sais rien de toi.
De toi, je ne sais rien. Tu es là quand le ciel vire du gris de l'aube à la douceur de l'aurore et tu deviens faiblement présent
Depuis trois jours, le soleil inonde la plaine
Depuis trois jours, j'entends ton arrivée diurne, sans la situer dans le temps. Mais le temps a-t-il valeur humaine ici?
Depuis trois jours, j'écoute ta venue et je ne sais rien de toi.
Je ne sais rien de toi qui viens avec l'aube
Je ne sais rien de toi qui t'épanouis à l'aurore et la dore de reflets miroitants
J'attends ta venue et j'ai peur de toi.
L'ombre s'est vue claire, le soleil confondu au nuage,
Le vent a conquis les rives de mes rêves et je ris de rires renouvelés
Pourtant j'ai peur d'épouvante et ne peux parler à ma peur.
Tu es là, je le sais, je t'entends.
La pluie a noyé les idées dans la plaine inondée
Tu es là, je t'attends.
Vas-tu saisir le souvenir sénile ou la suave senteur des soucis innocents?
Tu as vu mourir la multitude meurtrie de misères maudites
Tu ne parles pas la parole pourrie des pères de la loi
Tu avances, vainqueur ou vaincu, je ne sais,
Tu avances vers mes rêves et mes divagations.
Tu sais que l'eau monte, submergeant les digues
Tu veux que je sorte, souriante vers toi?
Je ne sais qui je suis. Je ne sais où je suis.
Depuis longtemps j'ai abandonné les terres humaines
Irai-je vers toi? Es-tu la vie? Es-tu la mort?
Je ne reconnais rien de toi
Je ne sais que ton bruit et la brume qui t'ourle
Sous la montée des eaux, je te salue
Sous la pluie du ciel, nouveau déluge, je te salue
Dans cette solitude ma parole s'enraye
Y a-t-il quelqu'un quelque part?
Pignans le 26 avril 2008
Par Roseline |